La lumière claire de la Zélande attira au début du vingtième siècle plusieurs peintres de premier plan à Domburg, dont Piet Mondrian (1872-1944), qui y franchit une étape décisive de son évolution artistique.
Ses étés à Domburg
Entre 1908 et 1916, Mondrian revint chaque été passer quelques semaines dans le même village côtier.
Pourquoi précisément ici : dans une lettre à la violoniste rotterdamoiseAletta de Iongh, il écrivit : « Je crois que c'est seul, dans la nature, que l'on peut s'y absorber le plus intimement. »
Où il séjournait : d'abord au Het Schuttershof, Herenstraat 2, puis à plusieurs reprises à la Pension Wisse, Ooststraat, ancêtre de l'actuel Hotel By Juuls. Plus tard encore, il logea Zuidstraat 10.
Son hôte comme modèle : il peignit le portrait du propriétaire de l'hôtel, Ko Wisse, intitulé De Zeeuwsche boer, ainsi que celui de sa fille Joane, intitulé Meisje uit Zeeland.
Un tournant dans son œuvre : à Domburg, il commença pour la première fois à rendre les couleurs telles qu'il les percevait, et non telles qu'elles étaient réellement. Dans ses tableaux du clocher, les couleurs s'écartent nettement de la réalité, sans doute sous l'effet de la lumière si particulière de la Zélande.
De la forme au rythme : côté lignes, il resta plus proche de la réalité, en s'appuyant sur un dessin de la tour qu'il avait lui-même réalisé. En simplifiant les surfaces et en durcissant les couleurs, l'image acquit une allure monumentale. Dans une série ultérieure, il abandonna toute forme reconnaissable pour ne conserver que le rythme de la tour et du phare de Westkapelle.
L'essentiel de ces œuvres n'est plus accroché en Zélande, mais dans un seul et même musée.
La plus grande collection au monde : le Kunstmuseum Den Haag conserve la collection Mondrian la plus vaste du monde, depuis ses premières œuvres figuratives jusqu'à ses compositions abstraites tardives.
Comment cette collection est née : le collectionneur Salomon B. Slijper en posa les bases à partir de 1950, avec Louis Wijsenbeek, directeur du musée de 1950 à 1976.
Répartie entre plusieurs musées : quelques œuvres de sa période de Domburg sont conservées ailleurs, notamment au Kröller-Müller Museum d'Otterlo, au Zeeuws Museum et au Museum of Modern Art de New York.
Itinéraire Piet Mondrian à Domburg
Six lieux du village et de ses environs que Mondrian a lui-même peints, ou qui sont liés à son séjour ici.
Distance et revêtement : un court itinéraire qui emprunte pour l'essentiel des chemins pavés, praticable aussi en fauteuil roulant ou avec une poussette.
Associez-y le musée : le Marie Tak van Poortvliet Museum se trouve sur le parcours et consacre deux expositions par an à des artistes liés à la Zélande.
Meilleur moment : partez par temps clair, car depuis le Hoge Hil vous apercevrez alors aussi bien le phare de Westkapelle que la côte belge, exactement la vue qui attirait les peintres ici.
Église protestante ; vers 1250 Mondrian peignit plusieurs œuvres de cette église, et son clocher revient sans cesse dans son travail, de la silhouette reconnaissable au pur rythme.
Hoge Hil Ce sommet dunaire attire encore aujourd'hui poètes et peintres. Par beau temps, on distingue bien le phare de Westkapelle et la côte belge.
Banc Mondrian ; 1989
Ce banc relie présent et passé. Dès 1647, des vestiges d'un temple dédié à Nehalennia furent découverts près de Domburg ; cette déesse autochtone, souvent représentée avec un chien à ses pieds et une coupe de pommes sur les genoux, était probablement vénérée à l'époque romaine comme protectrice de la navigation et du commerce. L'artiste Guido Metsers peignit le banc en 1940 aux couleurs de Mondrian (rouge, bleu, jaune, noir), perpétuant ainsi l'ancienne tradition du « banc à bavardages », où l'on commentait les nouvelles du jour. La plaque porte l'inscription : « Dit is geen bank van conversatie. Eer een Gerecht in meditatie. » (Ceci n'est pas un banc de conversation, mais plutôt un tribunal de méditation.)
De Manteling Mondrian représenta à plusieurs reprises ce bois aux branches entrelacées, notamment dans Arbre rouge.
Marie Tak van Poortvliet Museum Le musée organise deux fois par an une exposition consacrée à des artistes ayant un lien avec la Zélande.
Moulin Weltevreden ; 1817 Mondrian peignit également ce moulin de Domburg à plusieurs reprises, notamment sous le titre Le moulin rouge.